Piment doux pour plaisir intense : l’univers rose de Nathalie


08
Juin

Piment doux pour plaisir intense : l’univers rose de Nathalie

  • posté par - PhilippeTTP

Elle apprend aux couples à explorer leurs corps et leurs cœurs, et exalte la chair en libérant la parole : Sexothérapeute et fondatrice de Piment Rose, Nathalie Giraud-Desforges se définit comme une pionnière de la libération des sens. Portrait d’une défricheuse des terres du plaisir.

TTP – Nathalie, parlez-nous de vous. 

Nathalie Giraud-Desforges – Je suis sexothérapeute et thérapeute pour couples, j’organise des ateliers et des stages tantras et sexo, et je suis aussi la fondatrice de Piment Rose, un site dédié au plaisir des couples, des femmes, et aussi des hommes.

TTP – Comment est né Piment Rose?

NGD – D’un désir de femme, le mien. En 2002, j’étais dans le sud de la France avec des amies, et on regardait la série Sex in the City en VO sur des cassettes en provenance directe des USA. La série était encore inconnue en France. Cette série a libéré notre parole. Grâce à elle, nous avons discuté de sexe entre femmes. C’est à ce moment qu’est née ma décision de libérer et légitimer mon désir de m‘informer sur le sexe et de pimenter ma vie amoureuse. En 2003, j’ai lancé un site totalement différent de ce qui existait jusqu’alors, en ce qu’il proposait à la fois des accessoires érotiques et de l’information autour de la sexualité, et parce qu’il se démarquait de l’univers glauque qui caractérisait les sex shops.

TTP – Et les ateliers ?

NGD – J’avais passé 15 ans au Royaume-Uni, où les réunions sextoys entre amis existaient depuis 25 ans. Alors j’ai lancé des réunions sur le principe des réunions Tupperware et là encore j’ai été pionnière en France.  A cette époque, le sextoy y était inconnu ! L’accessoire érotique se limitait à ce que l’on appelait simplement et vulgairement le « vibro » ou le « gode », des reproductions réalistes et plutôt horribles de sexes masculins, qui se déclinaient exclusivement en noir et chair. On entrait en cachette dans les sex shops, l’érotisme n’avait rien de ludique et n’était pas à l’honneur du couple. Je ne me reconnaissais pas dans cette dimension où je débarquais comme un OVNI : j’étais mariée et mère de famille, je ne venais pas du monde du porno et je suis titulaire d’un MBA en business international.

TTP – Est-ce que les hommes viennent vos ateliers ?

NGD – Au début, il y en avait très peu. Ils étaient gênés, ils craignaient que les accessoires prennent leur place, ils ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait. Ils étaient dépassés. Je rappelle qu’on était en 2003. Lors des premières soirées où j’ai mélangé des femmes, des hommes et des couples, les hommes étaient si mal à l’aise qu’ils se bourraient la gueule ! Alors je me suis limité à des réunions entre femmes. Elles étaient curieuses, exploratrices,  initiatrices, elles étaient plus à l’aise sans présence masculine, à charge pour elles de faire passer le message à leurs compagnon.

TTP – La situation a-t-elle évolué ?

NGD – Oui. Les hommes ont constaté que leurs compagnes apprennent des choses. Et puis est apparu ce que l’on appelle l’homme nouveau, qui peut être ouvert à son côté masculin et féminin. Qui a envie de comprendre le mécanisme de la relation amoureuse, pour lui, pour l’autre.

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TTP – Aujourd’hui, on parle de sexualité plus librement : que s’est-il passé ?

NGD – Il y a eu un tournant dans la presse. A l’époque dont je parlais, les magazines féminins ne traitaient jamais  de la sexualité féminine. On parlait de la séduction, de l’art de plaire, de comment garder son partenaire, d’être  belle et sexy. Mais le dessous de la couette restait une vaste zone inexplorée. Les réunions de présentation de canards vibrants et autres accessoires qui n’avaient aucun point commun avec des sexes masculins, a permis aux magazines d’évoquer le plaisir féminin de manière décomplexée, avec la possibilité de monter ces accessoires en photo.

TTP – Pensez-vous que Piment Rose a contribué à cette évolution ?

NGD – J’avais contacté des fabricants d’accessoires. Je leur ai expliqué que je voulais un packaging élégant que tout le monde puisse voir sans être choqué ou dégoûté. Que je souhaitais de la couleur. Ils n’ont pas compris. Je suis donc allé me fournir à l’étranger et ma démarche a interpelé les magazines, qui trouvaient là une thématique nouvelle. Et les « gode » et autres « vibro », que l’on évoquait en rougissant avec le risque de paraître vulgaire, sont devenus des « sextoys », déclinés sous des noms qui permettaient d’en parler librement devant toutes les oreilles.

TTP – par exemple ?

NGD – Il y avait l’Indiana Rose qui partait à la recherche du point G, le Lutin mauve, la Coccinelle animée par des vibrations… Les femmes n’achetaient pas un vibromasseur, mais une Coccinelle ou un Lutin, dont elles pouvaient parler entre amies. Jusqu’alors, les fabricants ne donnaient pas de nom à leurs objets, ou alors des noms aussi affreusement réalistes que leurs accessoires : vibromasseur chair, vibromasseur réaliste, realistic vibritor, XXsuperL, « explose-moi le »… Horrible ! Et quand on s’en débarrassait, on allait les jeter loin de chez nous… Maintenant, on n’a plus besoin de nommer les produits, on utilise le vocabulaire générique « sextoys ». Mais en ce qui concerne Piment Rose, je reste très sélective, je ne commercialise pas n’importe quel sextoy, je m’en remets à des testeurs et j’écoute leurs avis.

TTP – Finalement, la société vous a rattrapée.

 NGD – Mais j’ai continué à être une pionnière ! En 2006, lorsque les blogs sont apparus, j’en ai ouvert un consacré à la sexualité. Comme Piment Rose, je l’ai fait à visage découvert et de nouveau, j’ai fait  figure d’OVNI. J’avais une rubrique « sexe au naturel », je publiais des histoires érotiques, des recettes aphrodisiaques, des photos de nature détournées qui ressemblaient à des sexes et permettaient de libérer la parole, et sans en parler explicitement, je faisais passer des messages sur le tantra. La télé s’en est emparée, ça se discute, Jean Luc Delarue, Zone interdite… Puis on a vu le premier sextoy dans Plus belle la vie.

TTP – Et votre activité de sexothérapeute ?

NGD – J’ai deux cabinets, un à Paris, dans le 15e, et un dans le sud de la France, au Rouret. Les clients viennent me voir parce qu’ils ont entendu parler de moi, ou bien ils me sont adressés par des thérapeutes. J’ai 14 années d’expérience, je donne des conférences, j’anime des ateliers, je publie des vidéos

TTP – Est-ce que vous abordez un domaine particulier de la sexualité ?

NGD – Le non-désir, le trop de désir, la compulsion, le fétichisme, de la crainte de se toucher, des protections intérieures qui empêchent d’aller vers l’autre ou de s’ouvrir à soi-même. Certaines personnes ne ressentent rien, ou alors la douleur mais pas le plaisir. L’éjaculation précoce. Les disputes qui tuent l’amour… C’est vaste.  On peut arriver pour un symptôme, et découvrir autre chose.

TTP – Quel est le rôle du tantra ?

NGD – A la différence des religions monothéistes, le tantra ne sépare l’esprit des parties basses du corps : tout est noble. Par exemple, on ne parle pas de se masturber, mais de s’honorer. Le tantra accueille l’énergie sexuelle. Il la diffuse dans le corps. Il existe un travail très puissant sur le périnée, qui est le premier chakra et la source de la libido. Le massage est un outil très important dans la connexion à l’autre. La respiration et le mouvement aussi. Je développe de plus en plus le tantra, moi-même j’ai fait un mariage tantrique. Mon atelier « éveil des sens » est issu du tantra.

TTP – Aujourd’hui, la parole s’est libérée, la sexualité n’est plus tabou : en quoi pouvez-vous encore être une pionnière ?

NGD – Dans plein de domaines ! J’ai accepté d’être marraine de Troc Ton Plaisir, parce que son créateur aborde un domaine qui reste à défricher. Je soutiens l’accompagnement de l’intime pour les personnes en état de handicap, et je fais partie du comité d’organisation du premier festival sur le thème « ma sexualité n’est pas un handicap ». On parle de sexualité, mais on ne parle pas de tout, loin de là. On parle du point G, mais très peu du point P. On parle très peu du massage prostatique. Moi j’en parle, j’aborde ces sujets et d’autres qui sont encore méconnus, voire tabous. Donc, oui, je peux encore être une pionnière !

Propos recueillis par Philippe pour Troc Ton Plaisir.

Visitez le site de Nathalie Giraud-Desforges et les ateliers de Piment Rose.

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